Itinéraire à plusieurs étapes

Un itinéraire à plusieurs étapes se prépare en deux temps : fixer les points obligatoires, puis chercher l'ordre le plus court. Sur une tournée de six à huit adresses, passer d'un ordre improvisé à un ordre réfléchi fait gagner 20 à 30 % de kilomètres, soit une heure de conduite et une quinzaine d'euros de carburant sur une journée. Les calculateurs grand public acceptent une dizaine de points mais ne réordonnent pas la liste : la méthode compte donc autant que l'outil.

Pourquoi l'ordre pèse autant

Ordonner des arrêts est le problème dit du voyageur de commerce : le nombre de parcours possibles explose avec le nombre d'étapes. Entre un départ et une arrivée fixés, 5 étapes intermédiaires donnent 120 ordres différents, 8 étapes en donnent 40 320, et 10 étapes plus de 3,6 millions. Aucun logiciel ne les teste tous au-delà d'une douzaine de points : ils appliquent des heuristiques qui approchent le meilleur parcours à quelques pour cent près. Jusqu'à trois ou quatre arrêts, un coup d'œil sur une carte suffit ; à partir de six, l'intuition se trompe presque toujours.

La méthode manuelle en quatre règles

Les outils et ce qu'ils savent faire

OutilÉtapes acceptéesRéordonne la listeIntérêt
Google MapsEnviron 10 points au total, selon la versionNon, glisser-déposer manuelTrafic prévisionnel, envoi de l'itinéraire vers le téléphone
ViaMichelin, MappyPlusieurs étapes intermédiairesNonCoût péage et carburant détaillé section par section
Optimiseurs de tournée (Circuit, RoadWarrior, Optimo)De 20 à plusieurs centainesOuiCréneaux horaires, temps de service, plusieurs véhicules ; payants au-delà de quelques arrêts
Tableur avec matrice de distancesSans limite pratiqueNon, comparaison manuelleGratuit, suffisant pour départager trois ou quatre ordres candidats

Pour une tournée régulière, la matrice de distances est le meilleur investissement : relevez une fois les distances entre vos 8 ou 10 adresses habituelles, et chaque nouvelle tournée se construit en cinq minutes. Le guide calculer un itinéraire précis détaille la saisie des adresses exactes, condition indispensable pour que ces distances soient justes.

Exemple chiffré : Paris, Dijon, Lyon, Avignon, Marseille

Quatre villes à visiter entre Paris et Marseille, dans l'ordre géographique : Paris – Dijon ≈ 315 km, Dijon – Lyon ≈ 195 km, Lyon – Avignon ≈ 230 km, Avignon – Marseille ≈ 100 km, soit 840 km. Le trajet direct Paris – Marseille fait 775 km : les quatre arrêts ne coûtent que 65 km de plus.

Avec un ordre improvisé qui commence par Lyon avant de remonter sur Dijon, le compteur affiche 465 + 195 + 425 + 100, soit 1 185 km : 345 km et près de 3 h de conduite gaspillés, environ 39 € de carburant au tarif 2026 et un péage supplémentaire. Le détail des sections se retrouve sur Paris – Lyon et Marseille – Lyon.

Tournées professionnelles : ce qui prime sur la distance

Sur une tournée de travail, le kilomètre n'est pas le seul critère. Comptez 10 à 15 minutes de temps de service par arrêt en zone urbaine, stationnement compris : douze arrêts ajoutent deux à trois heures qui n'apparaissent dans aucun calcul d'itinéraire. Les créneaux imposés par les clients priment sur l'ordre géographique, quitte à accepter un détour de 15 km. Au-delà de 3,5 t, les règles de conduite et les interdictions de circulation du guide poids lourd passent avant tout : une tournée optimale sur le papier peut être illégale. Pour les indemnités, le barème kilométrique se calcule sur la distance réellement parcourue, d'où l'intérêt d'un relevé fiable.

Cinq pièges à éviter

Questions fréquentes

Combien d'étapes peut-on ajouter à un itinéraire ?

Les calculateurs grand public acceptent une dizaine de points au total, selon la version. Au-delà, il faut un optimiseur de tournée, qui gère de 20 à plusieurs centaines d'adresses et réordonne la liste automatiquement.

Google Maps optimise-t-il l'ordre des étapes ?

Non. Il calcule le trajet dans l'ordre où vous saisissez les arrêts et vous laisse les déplacer à la main. Pour un ordre optimisé automatiquement, il faut un logiciel de tournée dédié.

Combien fait-on d'économies en optimisant une tournée ?

De 20 à 30 % de kilomètres sur une tournée de six à huit arrêts mal ordonnée. Sur 300 km quotidiens, cela représente environ 70 km, une heure de conduite et une quinzaine d'euros de carburant par jour.

Faut-il partir par l'étape la plus proche ?

Non, cette règle donne souvent un mauvais résultat : elle laisse des arrêts isolés en fin de parcours et impose un long retour. Mieux vaut dessiner une boucle et la parcourir dans un seul sens.

Pour aller plus loin : planifier un road trip en France, partager un itinéraire et comprendre les temps de trajet annoncés.